1996

Saint Pierrebroucke

 

Saint Pierrebrouck : L'église.


N° du site : 59 539 001 AH

La création de la commune de Saint Pierre-Brouck est relativement bien connue : elle correspond à la donation d'une partie du grand marais entre l'Aa et Bourbourg à l'abbaye Saint-Pierre d'Hasnon près de Valenciennes dans les années 1160. Cette donation semble être immédiatement suivie de la création du village.
L'église elle-même comporte des phases de constructions de différentes époques, dont les plus anciennes remontent sans doute au XIIème siècle. L'étude des cadastres du XIXème siècle et des documents anciens nous a permis en outre, de vérifier la présence d'un bâtiment dont la destination ne nous est pas connue. Enfin, les parties les plus proches de l'édifice étant occupées, c'est grossièrement dans la zone de ce bâtiment repéré que l'extension du cimetière est prévue, ces différents motifs ont justifié l'intervention du G.R.A.A.L..
Quatre sondages ont été réalisés, tous négatifs : la couche d'humus sommitale est directement posée sur un niveau de sable blanc vierge.

 

Saint-Pierre-Brouck: Le château de la Motte


N° du site : 59 539 002 AH

Parallèlement aux sondages dans le cimetière, une tranchée a été ouverte à l'emplacement du château de la Motte, dont les premières mentions remontent au XIIIème siècle. Dans un document de 1458, on décrie la seigneurie de la Motte, avec "motte, murailles de château, basse-cour, fossé", mais au XVIIème siècle, seuls la motte et le fossé sont cités.
L'intérêt d'un sondage à cet emplacement réside dans la proximité de l'Aa alimentant les fossés du château. On ne connaît pas la date de fondation de ce dernier, mais il est clair qu'il n'existe qu'en fonction du fleuve. Or, il est couramment admis que le cour de l'Aa aurait acquis son cour actuel aux alentours de 1160, selon un acte de Saint Bertin de Saint-Omer, ou l'on cite une opération de rectification du cour du fleuve. En revanche, les observations que nous avons pu faire sur le terrain et sur les documents anciens, en particulier sur le travail de drainage de la plaine maritime, militent plutôt pour un endiguement en fonction de l'emplacement actuel du fleuve.
L'emplacement du cour de l'Aa revêt une importance considérable dans la compréhension de l'occupation humaine à la fin du haut moyen Age dans cette partie de la plaine maritime. Par exemple, si la preuve est donnée de l'existence du cour du fleuve à son emplacement actuel et ce avant le XIIème siècle, on remet en cause la création au IXème siècle d'un castrum à Bourbourg, qui ne se justifie que parce que l'écoulement de l'Aa à cette époque s'effectuait plus à l'est (l'Enna et la Colme).
Il faut signaler d'ailleurs qu'aucune découverte remontant avant le XIIème siècle n'a été faite à Bourbourg (site peu fouillé il est vrai), et que dans le plan de la ville on ne retrouve pas de façon formelle la trace d'une enceinte circulaire initiale comme par exemple à Bergues ou à Furnes.
En fait, connaître le cours initial de l'Aa revient à être en mesure d'orienter les recherches sur l'habitat humain avant le XIIème siècle.
Actuellement le site se présente sous l'aspect d'une plate-forme entouré d'un fossé de 2m de largeur sur trois côtés. L'ensemble est quasiment au même niveau que les terrains environnants, voire même plus bas par endroits. Le propriétaire actuel, monsieur Louf, maire du village, a été en mesure de nous montrer un plan du début du XIXème siècle précisant l'emplacement de la ferme existant sur le site à cette époque. Son témoignage est d'ailleurs précieux, le site appartenant à sa famille depuis cette date, en particulier, une gargouille en pierre, retirée il y a quelques années de l'extrémité est du fossé doit appartenir au château disparu.
Une tranchée a donc été ouverte au centre de la plate-forme de la motte, l'exploration des fossés se révélant impossible en raison de la proximité de l'eau. Quatre éléments ont été mis à jour. Le premier état est composé de quelques niveaux en place, peu épais, de terre noire sans trace s de structures avec très peu de matériel, reposant directement sur une argile verdâtre très sableuse, vierge. Le second se manifeste par le creusement d'un fossé dans lequel se trouvent deux piles de maçonnerie axées sur un mur de fondation lui aussi en briques. Ses extrémités sont contrebutées, mais aucun retour n'est perceptible. Il est orienté est/ ouest, perpendiculairement à l'Aa. Sa tranchée de fondation est très visible. Il s'agit sans doute des premières assises de ce qui semble être un donjon. Mais la largeur de la tranchée empêche d'avoir une vue globale de l'ensemble.
Des aménagements plus tardifs ont été mis au jour à l'est, contre le fossé, le matériel découvert permet de dater ces aménagements des XVème-XVIème siècle. Il s'agit d'un sol pavé en briques, avec quelques éléments de grès, sans doute une cour.
Enfin deux piles correspondent au réaménagement du site en une ferme au XVIIIème siècle. Aucun mur n'a été découvert, mais uniquement des piles s'enfonçant profondément (1,50m) permettant de stabiliser les bâtiments de la ferme.
Le matériel des états anciens n'a pas encore été daté avec certitude. Cependant, l'emploi de briques pour le second état ne milite pas pour une datation haute de cette structure. L'étude du matériel des niveaux les plus profonds permettra de donner une indication sur la première implantation de la motte.
Outre le site de la Motte de Saint-Pierre-Brouck, la commune a la particularité de receler un second château, appartenant jusqu'au XVème siècle à la même famille, les seigneurs du Wez. Ce second site présente les mêmes caractéristiques que celui exploré cette année. Enfin, de l'autre côté de l'Aa, en vis-à-vis de Saint-Pierre-Brouck, la commune de Sainte-Marie-Kerque possède elle aussi un château le long de l'Aa, dont on sait qu'il a été détruit en 1209 par Philippe Auguste. Il a été localisé cette année et peut lui aussi permettre d'avancer sur la question de l'emplacement initial du cour de l'Aa. Des sondages sur ces sites doivent aboutir à une réponse.


Franckie Elleboode - Emmanuel Elleboode -Yves Beauchamp.GRAAL

ode - Emmanuel Elleboode -Yves Beauchamp.GRAAL